
Avertissement : ces textes ont été écrits par les élèves de Passy-Buzenval et n’ont pas été retouchés. Ils expriment leurs sentiments, ce qu’ils ont vu et ont compris de leur voyage, avec leurs yeux de jeunes occidentaux. Ils n’ont pas pour ambition de délivrer une vérité.

VICTOR, en BTS :
« Ici, un mur se construit, là où d’autres sont démolis … »
Le voyage à Bethléem a été pour moi une expérience inoubliable, car je plongeais dans une culture différente de la nôtre, avec une langue et écriture que je ne maîtrise pas… J’étais curieux et impatient de découvrir ce pays dont nous parlons beaucoup à la maison.
J’ai vu que les Palestiniens vivent dans un contexte de tensions, et qu’ils subissent des discriminations et freins à leur liberté au quotidien. Ils ne peuvent par exemple pas se déplacer librement ou se rendre à l’étranger. Ici, un mur se construit, là où d’autres sont démolis …
Malgré tout, les jeunes vivent un peu comme chez nous. Ils ont accès à internet et à certaines autres facilités, mais il faut préciser que nous étions dans un cadre privilégié chez des personnes plutôt aisées.
Par contre, j’ai eu l’occasion de parler avec un jeune orphelin qui venait du camp de réfugiés de Jenine, détruit lors d’une attaque israélienne. Il avait tout perdu, et vit maintenant dans un village SOS.
Ce qui m’a particulièrement frappé, c’est que ce jeune, et les Palestiniens en général, ne montrent pas de haine malgré leurs conditions de vie difficiles.
Ils sont d’une très grande gentillesse, très chaleureux, généreux et accueillants.
Un voyage mémorable, que j’aimerais beaucoup refaire pour mieux connaître le pays et les gens.

ADRIEN, en 2nde :
« Pas de haine… »
Dans cette prison a ciel ouvert je me suis rendu compte que ces gens vivaient comme nous a 3000 km et qu’ils sont enfermés dans un mur de 7 mètres de haut
Dans ma famille ce qui m’a étonné, c’est qu’en questionnant la mère pour savoir si le mur les dérangeait, ils m’ont dit que ça ne les dérangeait pas et qu’au contraire ils s’y sentaient en sécurité !
L’hospitalité des familles était très chaleureuse et sympa.
Ces familles étaient prêtes à tout nous offrir..
La mère de Ramiz cuisinait très bien, elle m’a fait découvrir beaucoup de plats inconnus.
Ramiz m’a fait découvrir la ville et ses quartiers comme Beith Jala.
A Jérusalem très bonne ambiance, visites très prenantes et instructives sans l’être trop…
Les souks c’était très sympa de pouvoir tout négocier : on croyait qu’on avait eu le vendeur alors qu’on ne peut jamais le rouler !
L’ouverture du shabbat est très éprouvante on voyait tous ces gens qui ne se connaissent sans aucun doute pas, se prendre par les bras. Ainsi que tous les hommes qui baissent a chaque fois la tête quand ils disent le nom de Jésus.
Je n’ai pas trouvé de haine chez les palestiniens.
Pour conclure je peux dire que ce voyage à marqué mon esprit et que je serai ravi d’y retourner.
J’attends les palestiniens avec impatience.

THIBAULT, en 1ère :
« Aujourd’hui je comprends ce qu’est inviter, recevoir… »
Mon reportage va essayer de rapporter les préjugés qui m’ont suivi jusqu’à mon arrivée dans les familles ainsi que les choses qui m’ont impressionné, touché durant ce voyage.
La première chose qui m’a étonné à Bethléem, c’est la vie normale des habitants : les enfants vont à l’école pendant que les parents vont travailler. Le mur qui les sépare du monde n’est pour eux qu’un handicap. C’est pour moi une formidable preuve de ténacité et de refus de l’apitoiement sur soi-même.
Ensuite, j’ai été très agréablement surpris par l’accueil que l’on m’a réservé. Bien que prévenu avant de partir, je n’imaginais pas être reçu de cette manière. Aujourd’hui je comprends ce qu’est inviter, recevoir. De plus, les gens sont calmes, attentionnés et surtout très généreux.
Le troisième point concerne leurs sentiments envers les israéliens. Ils ne paraissent pas haineux ni belliqueux. Pour eux, le mur n’est pas associé aux juifs mais au gouvernement israélien.
Le dernier point qui m’a surpris est le lourd passé des israéliens. Je le savais déjà mais je ne le mesurais pas vraiment. Le Mémorial de la Shoah m’a un peu fait changer d’avis sur les mesures prises par les israéliens. Les souffrances qu’ils ont subi durant la seconde guerre mondiale peuvent nous expliquer leur méfiance à l’égard des pays voisins qui veulent récupérer leurs terres. Cela voudrait dire que le peuple juif serait à nouveau sur la route, sans pays propre. Cela dit, je n’approuve aucune des actions faites par le gouvernement concernant les palestiniens et les pays voisins.
Abordons à présent les choses qui m’ont impressionné et étonné.
La première est l’arrivée d’une centaine de militaires juifs au pied du mur des lamentations le jour de l’ouverture de Shabbat. Ils sont arrivés d’un coup, sans prévenir et ont commencé à danser et à chanter le plus fort qu’ils pouvaient pour « prier ». Leur ronde était entrecoupée du bruit métallique des chargeurs qui ne cessaient de tomber de leurs ceintures. Nous avions l’impression que le gouvernement veut montrer sa puissance militaire bénie par Dieu. De plus, ils étaient tous âgés de 18 ans, guère plus : ils faisaient leur service militaire. Je ne suis pas sûr que surveiller Jérusalem ou les check-points une arme à la main soient ce dont ils rêvaient pour leur jeunesse.
Le deuxième concerne la réalité du mur. Bien qu’aucun malaise n’apparaisse dans Bethléem, parler avec les familles nous montrent que les conséquences sont nombreuses. Les familles ne perdent pas espoir mais ne sont pas très optimistes quant à l’avenir. Pour eux, la fin du mur est encore très loin. De plus, les gens veulent partir. Ils n’ont pas de projets de vie intéressants en restant à Bethléem. Les jeunes aussi veulent partir : l’université ne concerne pas tous les types d’enseignements (médecine, droit…) et les jeunes qui peuvent continuer leurs études à l’étranger partent aussi. La ville a donc du mal à retenir les habitants qui veulent presque tous tenter leur chance ailleurs.
Enfin, la dernière chose qui m’a émue est la fille très brillante de ma première famille qui ne pourra suivre des études de médecine car les parents n’ont pas assez d’argent pour envoyer leur fille dans une université. Cela m’a beaucoup choqué et me montre les manques qui touchent Bethléem et ses habitants comme un meilleur niveau de vie pour certains, des universités plus proches…
Le voyage a donc été pour moi très enrichissant et je me considère comme chanceux d’être parti. J’ai beaucoup appris concernant les valeurs humaines et j’espère avoir apportée de mon côté de nouvelles choses pour les jeunes palestiniens.
Mais ce que je désire le plus c’est que cet échange ne s’arrête pas là et qu’après nous, de nombreux autres jeunes puissent partir (des deux cotés !).

OLIVIER, en 2nde :
« Tout cela restera gravé à JAMAIS… »
1. « L’avant Bethléem »
Avant d’y aller, on se pose pas mal de questions, dont la principale pourrait se formuler ainsi : « A quoi s’attendre là-bas ? »
Alors on se prépare : on assiste aux cours d’arabe, on se voit tous les jeudis pour déjeuner et discuter du voyage en groupe, on prépare un film, et j’en passe !
Lorsque l’on annonce à tout le monde que l’on part en Terre Sainte, on nous demande alors : « Mais qu’est-ce que tu vas faire (pour être poli…) à Bethléem ?! » et puis on finit (à un instant…) par se poser la question à soi-même…
Mais bon, heureusement, on reprend vite ses esprits !
Allez, le départ approche, l’appréhension et l’excitation de découvrir un autre « monde » est à son comble…
On prépare ses valises, et hop, direction l’aéroport de Roissy pour quelques heures d’avion, quoique un peu fatigantes, vu que nous nous sommes levés de bonne heure…
2. Durant notre séjour…
* Bethléem
Une fois atterris à Tel Aviv, c’est l’heure de passer les (nombreuses) douanes et on nous pose des questions en tout genre…
Après une bonne heure passée aux douanes (et aussi à attendre le « fameux » sac de couchage de Chloé, disparu mystérieusement en cours de route…) on est prêts à partir pour Bethléem, accompagnés par notre as du volant : M. Mahfouz, bien évidemment !
Une fois passé le mur et arrivés à l’école, nous sommes chaleureusement accueillis par le directeur de l’école des Frères, M. Michel Sansur, le professeur de Français, M. Maher Matar, ainsi que les élèves et leurs familles ! On se présente, des mots de bienvenue sont échangés, puis c’est parti, chacun de son côté, dans les familles.
Quand on arrive dans les maisons de nos correspondants, là, c’est le tout premier choc : contrairement à ce que l’on imaginait, les familles sont très bien logées. (Mais il faut tout de même remarquer que nous avons été hébergés dans ce que l’on pourrait appeler « la vitrine de Bethléem »…)
On se repose la fin du premier week-end, on fait plus ample connaissance avec son correspondant, (et on fête mon anniversaire avec surprise…) avant de commencer les cours le lundi !
Le tout premier jour passé à l’école constitue un second « choc » : les élèves sont extrêmement sympathiques et semblent très curieux de nous découvrir : alors ils nous demandent nos noms, nos e-mails, nous demandent de poser pour des photos avec eux…
Nous avons pu assister à quelques cours durant notre séjour, notamment à celui de français : les cours semblent là-bas bien ordonnés, animés, mais ce qui nous a le plus surpris, c’est bien la culture française que l’on leur a enseignée !
En dehors des cours, on s’organise des sorties dans la ville, tous ensemble, où nous avons pu tous remarquer la même chose : les palestiniens sont, de nature, très généreux, et comme le dit Madame Muresan, qui nous a accompagnés : « L’amour passe par la nourriture », quoique, il y a des limites tout de même !
Au fur et à mesure du voyage, on se rend compte qu’en fait, nous sommes TOUS semblables, nous avons les mêmes centres d’intérêts, les mêmes centres de rires : en résumé, les adolescents sont TOUS pareils, quelque soit l’endroit où l’on vit ! L’amitié se noue de manière très forte, nous nous entendons tous à merveille, ce qui nous a, une fois de plus encore, créé une très bonne surprise !
Mais bon, le séjour passe à une vitesse grand « V », tellement que le jour du départ vers Jérusalem, les adieux sont déchirants et pleins d’émotion, qui annoncent tout de même un très bon départ de ce jumelage entre Passy et l’école des Frères de Bethléem…
Cette première partie de notre voyage en terre Sainte nous a appris beaucoup de choses auxquels nous ne nous attendions pas du tout. Nous nous sommes tous enrichis de leur culture, et nous leur avons apporté la nôtre.
* Jérusalem :
Lorsque l’on arrive à Jérusalem, un peu tristes, ce sentiment s’efface vite quand le Frère Albert nous accueille à bras ouverts dans cette autre école des Frères !
Là-bas, nous avons pu faire le tour dans les souks, où l’on se perd facilement entre les rues qui se ressemblent toutes et les marchands qui nous embrouillent l’esprit, mais également visiter des monuments historiques et religieux comme le « Mur des Lamentations », le « Dôme du Rocher » ou encore « Le Saint-Sépulcre ».
Les averses qui arrivèrent en force gâchèrent quelque peu nos visites, même si cela n’affecta en aucun point notre humeur !
3. Conclusion
De ce séjour en Terre Sainte, nous retiendrons beaucoup d’éléments : de la charité incroyable de l’école des frères de Bethléem et Jérusalem, aux visites instructives : tout cela restera gravé à JAMAIS…
Mais cela n’est pas la fin, bien au contraire, il s’agit en réalité du début d’un jumelage, avec un avenir très prometteur, entre l’Orient et l’Occident…

Publié par raphaelle I
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